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Cet article, rédigé par Yves
Mangeat, Directeur de l'Ecole de Yoga d'Evian, pour un numéro
spécial Fidhy-Info, peut être téléchargé
en format pdf: mangeat.pdf
(80k)
Qu'est-ce que le Yoga de l'Energie ?
- D'où vient le nom «yoga de
l'énergie» ?
- Ecoutons Roger Clerc qui a donné ce
titre à son premier livre pour caractériser la forme
de yoga que lui avait transmis Lucien Ferrer. «Ce que nous
avons dénommé «Yoga de l'Energie» est
le Ha-Tha yoga, c'est-à-dire yoga du Ha et du Tha, qui utilise
les deux polarités de cette énergie. C'est un yoga
complet qui entend agir sur tous les plans de la personnalité
de celui qui le pratique.» (Les Carnets du Yoga n° 29
Mai 81).
- On ne peut donc pas opposer Hatha Yoga
et Yoga de l'Energie ?
- Non bien sûr : le Yoga de l'Energie
utilise les postures, la respiration, la relaxation, les actions
purificatrices et harmonisantes (Kriyas), l'activation du
«feu digestif», le Prânâyâma, les
Bandhas, les Mudras, la concentration, la méditation, etc...
toutes les techniques citées dans le texte traditionnel de
référence qu'est le Hatha Yoga Pradipika !
- Alors pourquoi ce nom particulier de «Yoga
de l'Energie ?
- Parce que l'accent est mis, dès le
départ, sur la perception de l'énergie de vie et sur
les différentes ambiances qui se manifestent. Dans de nombreuses
pratiques de Hatha Yoga, l'accent est souvent porté sur la
perfection de la forme extérieure de la posture. Ecoutons
ce qu'en dit André Van Lysebeth qui ne peut être soupçonné
de partialité en la matière :
«Beaucoup d'adeptes du yoga méconnaissent
un peu le corps énergétique. Ceux qui se limitent
aux postures et à quelques respirations hygiéniques,
accompagnées de relaxation, ne se préoccupent guère
des aspects plus subtils de cette structure énergétique
qui sous-tend notre corps physique et l'anime.» Plus encore
: «En réalité notre corps énergétique
subtil est la charnière reliant le psychique au physique,
il constitue un des facteurs les plus puissants de l'unification
de l'être humain.» ( préface d'André Van
Lysebeth au Manuel de Yoga de Roger Clerc p.9).
La perception de l'énergie
- Que voulez-vous dire par «perception
de l'énergie de vie» ?
- C'est une réalité dont vous
constatez les manifestations négatives quand "ça
ne tourne pas rond au dedans" : digestion difficile, état
nauséeux, fièvre, douleurs, inflammations... Heureusement
il n'est pas nécessaire d'être mal pour ressentir l'activité
de la vie en nous. C'est cette perception diffuse et mal définie
qui nous fait dire assez spontanément que nous sommes "en
bonne forme" ou "en mauvaise forme".
Après un effort prolongé - marche en montagne ou course
à pied - il est très facile de percevoir une intensité
de la vie intérieure.
- Oui, j'ai le coeur qui bat très
fort et ma respiration est accélérée !
- Si vous n'êtes pas seulement centré
sur ces deux manifestations évidentes vous ressentez aussi
l'activité dans les tissus du corps et dans les cellules
qui les composent. Il y a comme un pétillement, un picotement,
un fourmillement, un frémissement de vie... Les mots sont
ici maladroits : c'est la sensation qui est à vivre d'instant
en instant car elle rend compte d'une activité vibratoire,
donc en mouvement !
- Et c'est cette plus grande activité
qui amène la chaleur et la transpiration ?
- Voilà, bien vu : il y a plus grande
consommation d'énergie et le moteur chauffe... pour prendre
une image très simple. Mais accélération cardiaque,
respiration rapide, chaleur, transpiration sont encore des manifestations
du domaine de la sensibilité physique. Ce sont les sensations
"microscopiques", résultant de la nature vibratoire
de l'énergie que vous avez avantage à aller
chercher par votre sensibilité intérieure même
quand il n'y a pas suractivité.
- J'essaye de le faire, maintenant que vous
m'en parlez, mais ce n'est pas facile, je ne ressens rien.
- En effet, mais vous avez gardé les
yeux ouverts... ce qui n'est pas idéal, au début,
pour vous mettre sur cette "longueur d'onde" de la sensibilité
intérieure.
Le mouvement du regard intérieur
- Voici une autre expérience à
tenter. Vous allez fermer les yeux. Puis, quand vous videz les poumons,
vivez intérieurement un large mouvement vers le bas - de
la tête au bassin - et, à l'inspiration, vivez un mouvement
vers le haut. Faites le pendant plusieurs respirations en étant
vraiment avec vous-même, sans vous occuper de moi. Ce va et
vient, c'est ce que Roger Clerc appelle le "mouvement du regard
intérieur".
- On ressent un léger déplacement
vers le haut et vers le bas. Mais c'est très subtil...
- Eh bien voilà : c'est là le
"souffle", le mouvement d'énergie, de "prâna"
dont parlent les traditions. Vous le ressentez à peine parce
que c'est très nouveau pour vous. Avec de la pratique, ce
type de conscience et de sensibilité s'éveille et
devient familier. Le déplacement de cette conscience sensitive
se fait aussi bien dans une jambe, que dans un bras ou un avant
bras ou de la tête aux pieds etc... Avec de l'expérience
il se précise et peut se vivre, à volonté,
en surface, en profondeur et même plus large que les limites
physiques, dans le "corps de rayonnement".
Dans son "Manuel de Yoga" (Le courrier
du Livre p. 19-20) Roger Clerc souligne l'importance capitale de
cette pratique. «L'exercice se situe le moins possible sur
le plan physique, mais sur le plan du mental où la pensée
intervient.» Le "regard" dont il s'agit ici n'est
pas au niveau des globes oculaires, ni au niveau d'une recherche
de visualisation. C'est un déplacement de la conscience et
des sens où le sens tactile est prépondérant.
L'utilisation consciente des nerfs sensitifs est appelée
"déplacement de la pensée". Et ce déplacement
entraîne des mouvements d'énergie. D'où l'adage
central du Yoga de l'Energie : "Où la pensée
va, l'énergie va" !
Les polarités
- Dans la citation de départ Roger
Clerc parlait des «deux polarités de l'énergie».
De quoi s'agit-il ?
- Vous connaissez les piles électriques
: elles ont toujours deux pôles (tout comme la terre avec
son pôle nord et son pôle sud !) Il y a le pôle
plus (+) et le pôle moins (-) : voilà les deux polarités
fondamentales. C'est cette réalité universelle qui
a façonné et façonne à chaque instant
l'organisation et le fonctionnement de notre corps. Ainsi nous avons
deux bras, deux jambes, deux reins, deux poumons, deux narines,
deux yeux, deux oreilles... deux hémisphères cérébraux...
Il y a là une donnée énergétique de
la plus haute importance dont le Yoga de l'Energie tient le plus
grand compte.
- Oh, là, là !... Je n'avais
jamais compris mon corps de cette façon !
- C'est une manière traditionnelle de
comprendre le terme Hatha Yoga. C'est le yoga du "Ha"
et du "Tha", le yoga du "soleil" et de la "lune"
pour reprendre l'expression imagée des anciens. Ils exprimaient
encore la complémentarité des opposés en parlant
des énergies "Terre" et "Ciel". En français
nous avons cette belle image dans un langage courant : «C'est
le jour et la nuit». Elle traduit bien pour nous deux ambiances
très différentes qui sont pourtant les deux
faces de notre réalité quotidienne. En nous, c'est
toute la riche disproportion de ressenti entre la face avant et
le "monde-devant-soi" d'avec la face arrière et
le "monde-derrière-soi".
- En effet : devant moi je vois, c'est la
lumière, c'est le jour. Derrière moi je ne vois pas,
c'est la nuit, c'est l'inconnu... Mais habituellement je ne me rends
pas compte de tout cela.
- Quand vous dites «c'est le jour»,
«c'est la nuit», vous risquez d'être trahi par
le langage : ces mots peuvent n'induire qu'une compréhension
intellectuelle. Et pourtant votre vécu était de la
nature du ressenti intérieur. Ce ressenti est naturel, accessible
à tous en un clin d'oeil. Et pourtant il faut du temps et
beaucoup de pratique et de prise de conscience pour demeurer à
ce niveau des réalités énergétiques
génératrices d'ambiances différentes dont nous
sommes tissés. C'est une aventure passionnante : «le
jeu en vaut la chandelle» comme nous le soulignait souvent
Roger en citant cette expression que Ferrer lui avait servie.
Avant/arrière, gauche/droite, haut/bas, expiration/inspiration,
interne/externe, contracté/détendu, endroit/envers,
dessus/dessous... le jeu des polarités et donc des énergies
différenciées est vaste en nous et dans l'univers.
Dans les postures comme dans la vie quotidienne les applications
sont multiples.
- Je pressens un peu... mais ça irait
encore mieux si vous me donniez des exemples.
- Volontiers, prenons la posture de l'arbrisseau.
- Quelle différence y-a-t-il avec
la posture de l'arbre ?
- Dans l'arbrisseau le pied épouse le
renflement du genou.
Dans la posture présentée ici la poussée
dans la terre se fait par la jambe gauche et c'est le bras droit
qui est étiré vers le ciel. (diagonale)
Après avoir vidé les poumons (nous
insistons beaucoup sur cette priorité de l'expiration : «Bien
vider pour mieux remplir»), l'inspiration se fait en passant
mentalement sur le côté intérieur de la jambe
jusqu'en bas du sternum. Ensuite l'expiration conduit de là
jusqu'au bout des doigts de la main. L'inspiration passe par la
face arrière du corps : du dos de la main jusqu'au milieu
du dos, à hauteur du bas du sternum. L'expiration va de là
jusqu'en bas au pied et au petit orteil en passant à l'extérieur
de la jambe. C'est plus facile à faire qu'à expliquer
!
Mais c'est pour vous donner là un exemple
qui marie la polarité terre/ciel avec la polarité
gauche/droite ; et vous vivez aussi la face avant et la face arrière
: quelle richesse énergétique pour celui qui a su
passer d'abord par des phases d'apprentissage plus simples.
- Donnez-moi ces pratiques plus simples
!
- Vous pouvez étirer le bras du même
côté que la jambe de poussée. Après l'expiration
préalable, le déplacement de la conscience-sensibilité
("mouvement du regard intérieur") peut se faire
globalement du pied à la main à l'inspiration et des
doigts de la main au pied à l'expiration. Souvent cette
manière simple est plus efficace durant les premières
années de pratique. Cette respiration améliore l'équilibre
!
Vous pouvez aussi vivre le déplacement sur
l'axe horizontal des bras (photo). Après avoir vidé
les poumons, vous inspirez de l'extrémité des doigts
de la main gauche jusqu'au cou et vous expirez du cou jusqu'aux
extrémités des doigts de la main droite.
Vous avez là deux variantes très intéressantes
parce que totalement différentes : axe horizontal/axe vertical.
C'est une expérience à vivre avec tout soi-même
pour pénétrer dans la spécificité de
l'énergie dans l'une et dans l'autre des polarités.
Le mouvement haut/bas et le mouvement gauche/droite, ce n'est vraiment
pas la même chose. Ce jeu d'énergie, différent
selon les polarités envisagées, est intégré
dans les postures. C'est cela la prise en compte de l'énergie
!
Les sens, les Indriyas.
- Ressentir en se déplaçant
à droite, ressentir en se déplaçant à
gauche : dites donc il n'y a pas moyen de penser à autre
chose dans cette manière de pratiquer le yoga.
- Vous le dites très justement. L'énergie
mentale est employée toute entière dans cette vigilance
de chaque instant. Vigilance, le maître mot qui résume
tout Krishnamurti ! Et Roger Clerc le précisait avec cette
expression : «sentir plutôt que penser». Dans
cette pratique la rigueur de la posture n'est pas négligée,
mais c'est la qualité de la présence sensorielle qui
est mise en valeur.
- Avec cette qualité d'attention,
je pense que l'on reçoit plus d'informations !
- Vous reprenez l'idée souvent exprimée
en Occident que nos sens sont des récepteurs. Pour les Grecs
et les Hindous, nous dit Jean Varenne, cité par Roger Clerc
dans son premier livre, les sens sont émetteurs-récepteurs.
«Autrement dit, notre oeil ne reçoit pas des impressions
lumineuses, mais émet, au contraire une sorte de rayon qui
va reconnaître le monde extérieur et, si l'on peut
dire, le «palpe du regard» (...) Les sens ne sont pas
de purs automatismes, mais des «puissances», des «pouvoirs
souverains», que l'on appelle en sanskrit indriyas ou dévatas.»
(Yoga de l'Energie p. 120)
- Ça alors : nos sens d'abord émetteurs,
vous m'étonnez !???
- Vous allez vite vous en rendre compte. Si
je suis fleuriste et que je rentre dans une pièce où
il y a des plantes : qu'est-ce que je vois tout d'abord ? Mais si
je suis architecte ou plombier ou peintre, je porte, j'envoie un
tout autre regard. Nous "allons voir" selon ce que nous
sommes. Nous sommes pilotés par les routines, c'est pourquoi
nous ne nous rendons pas compte de ce premier temps "émetteur",
ce sont les routines qui jouent ce rôle capital.
- Je comprends mieux. Mais que veut dire
la citation en parlant d'indriyas et de dévatas ?
- Le mot "indriyas" veut dire "sens".
Mais nous venons de voir que ce mot a une signification plus vaste
en sanskrit et dans la pratique du yoga. Nos sens sont des énergies
(Deva, dévata en sanskrit signifie dieu, dieux ; pour comprendre
correctement nous devons traduire par "énergies").
Quelle révolution de les ressaisir en effet comme des forces
que nous envoyons, en les dosant bien sûr, par l'usage de
la volonté.
Mais cette énergie nous la "formulons"
- nous lui donnons une forme - par l'intention.
- Attendez, c'est extraordinaire ce que
vous dites là : notre énergie sensorielle est mise
en forme par l'intention ? Il faut que vous me donniez un exemple.
- Si je vais ressentir la chaleur dans ma
main, je n'envoie pas la même énergie sensorielle que
si je vais chercher à ressentir les battements du sang ou
si je vais ressentir s'il y a des mouvements d'air autour de ma
main. Autre exemple de "mise en forme" : dans les "va
et vient" du "mouvement du regard intérieur",
vous aurez un résultat très différent si vous
vous programmez pour entretenir la chaleur par exemple ou pour détendre
ou pour recharger en énergie. C'est bien l'intention qui
préside. Ça vient du dedans. L'impulsion d'aller voir,
d'aller toucher, de tendre l'oreille etc... vient du centre de moi-même.
Les enfants disent cela très simplement
: «La maîtresse, elle m'a "à la bonne"
!» Ce regard de sympathie, il est actif, il est créateur,
il change l'enfant qui est ainsi "bien vu". Et l'amoureux
lui aussi participe à la beauté de sa belle ! Roger
Clerc utilise le langage traditionnel en parlant de "la pensée
dans sa forme". Mais donnons lui son sens pratique : par exemple,
quand nous arrangeons un bouquet, il est évident que nous
lui "donnons forme". Mais en fait, c'est ce que nous faisons
à chaque instant avec nos sens, nous donnons forme à
la réalité, mais sans conscience, endormis, drogués
que nous sommes par les routines. La Réalité est globale
: tout est totalement reliée à tout. Quand nous "donnons
forme", notre esprit et nos sens découpent des ensembles
en les isolant les uns des autres. Le yoga permet de devenir un
peu plus conscient de cette vérité , c'est cela concrètement,
l'éveil !
- Parlez moi un peu plus des indriyas
- Oui, en Yoga de l'Energie on se sert très
consciemment de ce terme pour parler plus particulièrement
des sens subtils.
- Qu'est-ce que vous allez encore m'apprendre
?
- Comme toujours, rien que vous ne connaissiez
déjà, au plus profond de vous-même. Ordinairement,
nous avons l'habitude de tout rendre objectif (comme extérieur
à nous-même). Nous découpons la réalité
en une multitude d'objets distincts, alors qu'en vérité
tout se tient, tout est interdépendant.
Ainsi quand nous parlons de la vue, nous pensons
tout de suite à l'organe que nous utilisons principalement
: l'oeil. La démarche scientifique, même si elle est
encore bien partielle, nous a aidé à comprendre que
c'est bien plus le cerveau qui voit que l'oeil. C'est un premier
pas dans la démarche pour remonter vers la source.
D'ailleurs, en français, quand nous disons
"je vois", cela peut signifier "je comprends".
Et à un niveau plus fin, plus subtil en effet, il peut être
préférable de fermer les yeux pour «voir»
! L'énergie qui forge (à travers les siècles)
les neurones, le nerf optique et l'oeil pour aller voir est capable
de se passer de ces instruments. N'avons nous pas tous de ces expériences,
soit en nous, soit autour de nous de ces "perceptions"
qui dépassent le jeu ordinaire des organes des sens ?
- Là vous y allez un peu fort : traversez
donc une route les yeux fermés !
- Il ne s'agit pas de cela bien sûr.
Vous avez raison de garder votre bon sens. Il est impératif
de se placer au niveau de conscience qui convient à chacune
des circonstances. Nous le faisons instinctivement sans cesse, sans
en avoir conscience. Si vous cherchez à sentir et à
comprendre pourquoi votre bébé pleure, probablement
vous n'êtes pas dans le même état de conscience
et de perception que si vous fendez du bois. Ou encore, à
l'instant même ou vous vous faites mal en vous cognant, par
exemple, vous changez aussi de niveau de conscience et de perception
: vous devenez conscient de l'intérieur de vous-même
! Le yoga aide à vivre ces changements en y étant
présents et en devenant capable de passer d'un état
à un autre.
A ce propos des indriyas, des sens subtils, Roger
Clerc nous parle... de «l'entraînement» : la pratique,
la pratique, toujours la pratique ! J'y reviens, car le danger est
grand, en lisant un article ou un livre, comme en écoutant
une conférence de se cantonner dans une compréhension
intellectuelle, sans que ce soit un vécu.
Voyez au contraire ce qui se passe quand vous vivez
que vos sens perçoivent des vibrations. «Ces perceptions
de vibrations, au delà de l'échelle normale, sont
réalisables d'une part en développant nos sens au-delà
du substrat physique, d'autre part en nous entraînant à
percevoir et à utiliser consciemment nos divers corps : énergétique,
psychique et spirituel.» (Manuel de Yoga p. 217).
Cinq corps !
- Si je me branche sur les vibrations, cela
change tout en effet. Mais que veut-il dire en parlant de «nos
divers corps» ? Moi je n'ai qu'un corps !
- Voilà encore une question de langage...
et de niveau de conscience. Mais je suis content que vous posiez
cette question de nos différents corps car c'est une clé
importante pour la pratique du yoga et une aide puissante pour «l'art
de vivre» au quotidien.
Ecoutons Roger Clerc : «Rappelons brièvement
ces notions bien connues sur les diverses enveloppes qui constituent
l'être humain.
1. Le corps de chair ou corps grossier : annamaya-kosha.
2. Le corps de l'énergie ou corps subtil : prânâmâya-kosha.
3. Le corps du mental ou manas : manomaya-kosha.
4. Le corps causal ou psychique : vijnânamaya-kosha.
5. Le corps de félicité ou béatitude et conscience
totale : ânandamaya-kosha.
Ces divers éléments s'interpénètrent
constamment, constituant notre individualité, laquelle est
elle-même en relation avec le Tout...» (Manuel de yoga
p. 202)
- N'en jetez plus ! Qu'est-ce que je fais
avec tout cela ?
- Reprenez votre souffle ! Vous allez vite
comprendre.
1. «Il y a un moi de matière»
: le niveau physique de nous-même. C'est le corps de chair,
le corps concret, que nous manipulons, que nous traitons le plus
souvent comme un objet. Notre corps physique est très
important : c'est "le lieu où ça se voit".
Il nous donne le sens de la réalité de l'être,
de la réalité de l'existence. Il répond à
nos sens en un premier degré d'évidence.
Aller à la découverte de ce corps
par des postures, des respirations, des relaxations, tel est le
premier pas apparent du yoga pratiqué le plus souvent
en Occident. L'importance mise sur la prise de conscience et sur
une certaine intériorité distingue déjà,
à ce niveau, le yoga de la "gymnastique douce".
En vivant le corps avec intensité et précision on
débouche tout naturellement sur d'autres niveau de conscience...
même si on ne se le formule pas. Très concrètement,
par exemple, on débouche sur de la fatigue dans une posture
difficile... et c'est bien là une perception énergétique
! Ou encore, après une pratique intense, un bien être
flagrant se manifeste... c'est aussi de l'énergie ! En s'approfondissant,
cette relation avec les différents organes et les parties
du corps débouche sur les richesses du «symbolisme
du corps humain» (livre d'Annick de Souzenelle). Cette compréhension
témoigne d'une ouverture d'esprit : le chemin du corps nous
a conduit au delà du physique.
2. «Il y a un moi d'énergie»,
un moi de vie. L'énergie vitale gouverne en arrière-plan
tous les fonctionnements de notre corps : nutrition, éliminations,
respiration, circulation, expression. Nous avons une certaine conscience
diffuse de "notre bonne ou mauvaise forme". Le "yoga
de l'énergie" dans les séances comme dans
la vie, propose d'affiner sa sensibilité pour percevoir beaucoup
plus intimement ces phénomènes subtils de manière
à entrer en phase avec ce niveau de perception intérieure.
Il est, par exemple, assez facile d'observer que de placer son attention
à gauche amène à respirer plutôt du côté
gauche. Nous sommes là dans les polarités. Ceci peut
se vérifier en plaçant les mains sur les côtes.
Et il y a moyen de sensibiliser aussi la narine correspondante en
y guettant le flot d'air. Ces expériences, ces exercices
mettent en valeur le lien intime entre l'attention mentale, l'énergie
vitale et les modifications qui en résultent dans le physique.
Elles animent les postures dans le yoga de l'énergie. Nous
disons "où la pensée va, l'énergie va"
!
- Attendez, je mets mes mains, mais je n'ai
rien ressenti !
- Vous n'avez pas fermé les yeux pour
être mieux centré en vous-même. Pour vivre
des sensations nouvelles il est important de rejoindre le niveau
de conscience requis. Et vous n'avez pas pris le temps d'apprivoiser
tranquillement cette expérience. «Le temps n'épargne
pas ce que l'on fait sans lui», nous disait souvent Roger.
- Je vais avoir du pain sur la planche.
Mais continuez, ça m'intéresse !
- L'énergie nous la vivons spontanément
avec le jeu de nos émotions. Elles déclenchent en
nous des tonnes d'énergie, pas toujours agréables
et presque toujours en nous emportant avant d'avoir notre accord.
Émotions, sentiments sont le sel de la vie : il n'est pas
question de les supprimer mais de les sublimer. C'est à dire
de les ouvrir à un fonctionnement plus élevé.
(étym. du latin "sublimis = élevé) Ces
réalités énergétiques sont le pont entre
le physique, le corps, la matière en nous et l'esprit. La
perception des énergies nous conduit à l'intérieur.
Et c'est le chemin pour mettre en lumière le rôle du
mental et, par delà, pour remonter toujours plus vers la
source.
3. «Il y a un moi de mental». Le
mental est un bon serviteur et un mauvais maître. S'il règne
en nous, si tout est soumis à ses limitations naturelles,
nous nous enfermerons dans la raison. Mais la raison qui veut toujours
avoir raison, est-ce bien raisonnable ? Si le mental a un rôle
indispensable de logique, de contrôle, de réflexion,
d'expression objectivante, son mode de fonctionnement indique ses
limites : il est incapable d'embrasser la totalité, la plénitude.
Il découpe, délimite, définit, mesure, range
en mémoire, se repose sur le savoir. Il est maître
en dualité. Ses précieuses capacités d'analyse
et de synthèse ont besoin de s'ouvrir à l'intuition.
Et quand il lâche prise de son besoin de tout commenter, de
tout enfermer, il devient capable, en association avec plus vaste
que lui, d'évoquer, de s'ouvrir à l'énergie
des symboles et de la poésie. Et surtout, nous dit le yoga,
il peut se taire pour faire place au silence et au mystère.
- C'est très beau ce que vous dites
là. Et c'est vrai que le mental tient une grand place en
moi : ça bavarde, ça bavarde...
- Mais le mental n'oeuvre pas qu'avec le langage,
son rôle de rênes, de guides pour les sens est capital.
C'est par l'intermédiaire de la conscience mentale qui détermine
l'attention que nos yeux vont regarder à droite ou à
gauche (rôle de choisir). C'est par son entremise que nous
allons voir ceci ou cela, de telle ou telle manière (concentration).
Certes, le plus souvent ces capacités sont voilées
car ce sont les automatismes, les habitudes qui assurent un fonctionnement
répétitif. Dans la posture le fait de choisir de placer
sa sensibilité dans telle ou telle partie du corps, de telle
ou telle manière, dans telle ou telle intention, est vraiment
un enrichissement qui d'ailleurs va déterminer en grande
partie les effets de la posture en question. Cette qualité
de présence et de précision n'est évidemment
pas le premier pas en yoga de l'énergie. Elle vient en son
temps, après un long cheminement. Elle renouvelle profondément
la manière de vivre les postures.
Autrement, nous cherchons la nouveauté extérieure,
l'exercice ou la posture nouvelle, le dépaysement, pour
combler notre soif intérieure. L'éveil aux énergies
sensorielles, à leurs richesses et à la capacité
de ne pas s'en servir ( ! ! ! ) est une des composantes de la pratique
d'un yoga intégral.
4. «Il y a un moi d'intuition» Nos
véritables capacités de connaissance ne sont pas de
l'ordre du mental - dont le domaine est le savoir - elles sont de
l'ordre de l'intuition. L'intuition survient quand la place est
libre, quand le bavardage mental cesse. Et nous pouvons développer
cet état de disponibilité, de limpidité, d'instantanéité
silencieuse, d'intelligence du coeur, de co-naissance (naître-avec
; cum en latin). L'intuition se conjugue volontiers sur les différents
registres que nous venons d'entrevoir : sur les plans les plus pratiques,
les plus concrets jusqu'aux ouvertures les plus élevées
où elle est reine. Et elle n'exclut nullement les autres
aspects du moi :"Quand j'ai une intuition, je lui demande son
passeport" disait avec humour Sri Aurobindo pour situer le
rôle du mental ! A lui de vérifier si c'est bien raisonnable.
5. «Il y a un moi de joie et d'amour,
un moi de béatitude» "Ce qui est vrai, sourit"
disait encore Sri Aurobindo. Dans la Bible, le premier mythe de
la création répète comme un leitmotiv "et
Dieu vit que cela était bon !" Tout ce qui coule de
Source, tout ce qui est, Est , et donc est basé sur un "bien
être". Les joies de l'existence peuvent certes être
déviées de leur source profonde, mais elles peuvent
aussi y conduire. C'est même leur fonctionnement propre. Dans
cet esprit, dans cette lumière, "prendre plaisir"
nous réintègre dans notre vérité fondamentale.
Se rendre accessible à la beauté du monde et des êtres,
s'en trouver tout remué, tout activé, tout co-responsable,
tout rayonnant de joie, voilà l'ouverture à la Source
ultime. Nous touchons là notre dimension spirituelle. Et
ceci a aussi éminemment sa place dans la séance de
yoga et dans la vie.
- Vous me remuez, en effet, avec cette plongée
dans les profondeurs. Mais est-ce que ça change vraiment
le quotidien ?
- A vous d'entrer dans l'expérimentation.
Ces cinq aspects de nous-même s'imbriquent les uns dans les
autres. Voici un exemple simple de leur fonctionnement ordinaire
dans la vie. Je me tords la cheville - une vibration de douleur
s'en suit - émotion et souffrance agitent mon mental entraîné
dans l'événement. Cette agitation me coupe de l'intuition
(qui pourrait me conduire vers une solution) et de la compréhension
de l'événement. Dans cette manière de réagir
je suis le jouet des circonstances, c'est l'aspect de moi-même
qui est perturbé qui entraîne et enchaîne les
autres niveaux.
Au contraire, en prenant du recul pour laisser
se manifester une conscience plus profonde, les relations jouent
dans l'autre sens : cheville lésée (niveau physique)
et douleur (niveau énergétique) alertent un mental
qui cherche à ressentir plus précisément ce
qui se passe. Et il fait silence pour laisser l'intuition prendre
en main le problème, ce qui peut déboucher sur l'émerveillement
de la solution qui survient. Et puis cette cheville, dans son symbolisme,
elle a peut être des choses à me dire : "mal-a-dit",
nous dit la maladie !
- Prendre du recul, voilà une expression-clé
! Où cela peut-il mener ?...
- A un singulier élargissement. Nous
nous vivons ordinairement comme un individu séparé
du reste du monde. Mais en fait nous sommes en tout relié
à l'univers, nous en faisons partie, il est notre "grand
corps". Comme nous sommes loin de cette conscience cosmique
qui est conscience de cette réalité globale. Mais
comme nous en sommes proche aussi puisque c'est notre réalité
! Les êtres spirituels témoignent de cet élargissement
de conscience par une présence au monde à l'évidence
bien plus grande que celle des personnes uniquement préoccupées
par leur petit monde individuel.
Le corps de l'énergie
- Dans la citation de Roger Clerc, il était
question du corps de l'énergie. Vous venez d'en dire quelques
mots dans «les cinq corps». Mais je pense que cela doit
avoir un très grand rôle dans le Yoga de l'Energie
?
- C'est juste. J'ai insisté sur le
premier pas, pour ne pas en rester seulement à des notions
intellectuelles : changement de longueur d'onde, mise en sensibilité
particulière, passage de la perception ordinaire d'un monde
d'objets à la réalité vibratoire sous-jacente.
Non plus seulement "je suis là", assis, debout,
etc... mais je me sens vibrant de vie, attentif aux ambiances, rayonnant
au sein des réalités dont les vibrations interfèrent
avec les miennes.
- Ça y est, j'ai déjà
vécu cela ! Quand j'étais enfant j'ai eu une très
forte fièvre. Je ne me ressentais plus du tout comme d'habitude.
Le moindre bruit m'atteignait et me faisait mal. Au contraire rien
que la présence de maman me faisait un bien fou.
- Bravo, vous avez fait le lien avec votre
expérience. Ce rappel d'expérience vous permet en
effet de constater que vous avez déjà vécu
votre capacité à vivre votre corps d'énergie
et l'influence des énergies environnantes. C'est cela, vivre
le corps subtil... mais sans attendre la prochaine maladie !
D'une manière un peu technique, les éléments
du "corps de l'énergie" sont :
- Les polarités et le jeu des "complémentaires"
- Les zones énergétiques
- Les fonctions énergétiques
- Les trajets et circuits d'énergie dans le corps (les méridiens
et les nâdîs)
- Les centres émotionnels-énergétiques (les
chakras)
- Les pacifications et harmonisations nécessaires à
une progression,
- Les niveaux de sensibilité et les taux de vibrations plus
ou moins subtils.
Vous trouvez tout cela développé
dans les livres de Roger Clerc et dans les stages et les activités
des Ecoles de Yoga de l'Energie, ainsi que dans les cours des enseignants
formés par ces Ecoles.
- Et alors, il n'y a plus besoin de postures
?
- Oh si ! Rappelez-vous : elles vous permettent
de constater dans le concret, dans le visible, si vous vous transformez
en vérité, si vous n'êtes pas en train de vous
raconter des histoires fumeuses. Le Yoga de l'Energie se vit sur
tous les plans. On ne peut croire que l'on vit pleinement l'énergie
si on reste raide et froid.
Les ambiances
- Vous avez déjà évoqué
plusieurs fois les ambiances : qu'entendez-vous par là ?
- Pour évoquer les ambiances je vais
vous donner plusieurs exemples que je serai obligé de nuancer.
1. Je suis invité à un mariage
: joie d'échanger avec les membres de la famille que je ne
vois pas souvent. Il se met à pleuvoir : quel sale temps
! quel temps pourri ! L'ambiance a changé dans mon vécu,
dans mon ambiance vibratoire : c'est l'énergie "temps"
- ressenti et jugé comme désagréable - qui
prend le dessus. Si pour moi la joie de rencontrer frères
et soeurs, neveux, nièces, enfants... continue largement
à primer, le temps de pluie n'a pas d'emprise : l'énergie
générée par la joie rayonne plus fort que celle
de la réalité «pluie».
2. Toujours au mariage : c'est le moment du
bal. Musique, danse, énergie dépensée, énergie
régénérée par la joie : c'est une autre
ambiance, une autre énergie de participation à tout
ce mouvement.
3. Notre fille est partie en voyage. Pas de
nouvelles. Je suis inquiet. Dans ma tête, ça s'agite
beaucoup : «Et s'il lui était arrivé quelque
chose. Les trains ne sont plus sûrs maintenant... etc... etc...»
L'ambiance mentale troublée, agitée amène une
ambiance globale de crainte, de mal-être. Mon corps vibre
si mal que n'importe qui s'en rendrait compte. Téléphone.
C'est elle. Tout va bien ! Ouf, ça va mieux. Changement d'ambiance...
- Tout ce que vous venez de dire est évident
pour tout le monde !
- Oui d'une manière très globale
et souvent vague, nous connaissons les ambiances. Mais nous avons
l'impression qu'elles s'imposent à nous. C'est autre chose
d'en prendre plus clairement conscience, d'en tenir compte
et de faire l'expérience que nous pouvons influencer et choisir.
Ordinairement les énergies de l'inconscient déterminent
ce à quoi nous nous relions "instinctivement".
A notre insu, elles choisissent l'ambiance dominante que nous subissons.
Nous pouvons être suffisamment présents au vécu
vibratoire pour être un peu plus conscients des composantes
de notre ambiance du moment.
- Donnez-moi un exemple !
- Je rentre dans un supermarché. Il
y a de la promotion dans l'air. Ce qui veut dire que la sono fonctionne
avec force décibels. J'ai immédiatement conscience
que cette ambiance externe a tendance à m'agresser. Je me
recentre sur ma démarche interne et je choisis de vivre avec
force la joie de me sentir en bonne forme physique (ambiance interne).
En plus je choisis de regarder avec sympathie et intérêt
les personnes (aux ambiances si diverses) que je croise d'instant
en instant. Le recul me permet d'être en même temps
très présent à la liste des objets que j'ai
à acheter pour être efficace. Le bruit n'a plus d'emprise
sur moi, tant je suis dans l'ambiance d'une riche expérience.
Cette démarche a très certainement
été favorisée par les pratiques du Yoga de
l'Energie où nous choisissions de préciser : ambiance
interne, ambiance externe, ambiance mentale, ambiance digestive,
ambiance frontale, ambiance atmosphérique, ambiance familiale
etc... etc... Pour donner une définition aussi simple que
possible, nous disons : «ambiance : toute manifestation d'énergie
à laquelle nous nous relions plus ou moins, ce qui nous colore
et nous imprègne.»
- Quelle est alors la différence
avec l'émotion ? Et avec "l'état d'esprit"?
- Voici un exemple. L'orage gronde, zèbre
et claque : quelle ambiance énergétique (externe)
! Je suis saisi et tout remué par la peur : quelle émotion
(qui change mon ambiance interne) ! Plus tard, je parle avec une
amie : je lui raconte l'orage. Ceci crée en moi un "état
d'esprit" qui me remet dans l'ambiance et éveille en
moi le sentiment de peur.
- Et comment vous en servez-vous dans la
séance de yoga ?
- En ayant cette qualité de présence
et d'attention qui permet par exemple de ressentir l'évolution
de son ambiance vitale avant une posture - pendant la posture -
après la posture. Ceci permet, après la posture
de prolonger l'ambiance obtenue... ou au contraire de chercher à
en changer rapidement. Notre état vibratoire peut ainsi devenir
le coeur de l'exercice.
Dans le prânâyâma, en yoga de
l'énergie, l'observation et les transformations d'ambiances
sont capitales. Elles sont le moyen d'évaluation énergétique
par excellence sur les différents plans de conscience. Elles
nous permettent de nous situer du dense vers le subtil, du subtil
vers le dense.
- Je comprends beaucoup mieux la place importante
qu'elles ont dans le Yoga de l'Energie.
- Vous les retrouverez souvent dans les livres
de Roger Clerc. La pédagogie consiste à s'entraîner
sur des ambiances très évidemment différentes
pour aller vers des perceptions plus fines. Je vous ai déjà
cité l'ambiance de jour par rapport à l'ambiance de
nuit, solaire/lunaire ; ou l'ambiance "face avant" par
rapport à l'ambiance "face arrière".
- Et là, en effet, c'est évident
!
- Dans le quotidien, l'éveil à
ces réalités permet de moins se laisser piéger
par des vibrations mal vécues ou mal digérées
qui viennent pourrir la vie ou l'assombrir.
Conclusion
«Vivre en yoga consiste à vivre consciemment.»
nous dit Roger dans ses "Aphorismes". En vous présentant
le Yoga de l'Energie d'une manière originale, j'espère
avoir suscité en vous des "prises de conscience"
qui vous aideront à mieux vous servir des livres de Roger
Clerc. La pratique débute avec des réalités
simples : conscience de son corps dans les mouvements et postures
; conscience de la respiration et de son impact sur les postures
; conscience des ambiances et de la réalité sous sa
forme vibratoire.
Le yoga utilise les éléments naturels
de la vie. Il leur donne le coup de pouce que permet la conscience.
Et ce n'est pas rien. Dans la grande démarche du jeu de la
nature, nous dit Sri Aurobindo, le yoga peut tenir une place importante,
s'il s'insère consciemment dans la réalité
évolutive.
C'est la pratique qui est à la base de tout
yoga. Bon sens et persévérance disait Roger Clerc
en ajoutant : «Ne vous dispersez pas !» Ceci ne signifie
pas que l'on ne puisse participer aux autres formes de yoga à
l'occasion... et en tirer profit. Mais si l'on veut vraiment s'ouvrir
profond il faut creuser au même endroit en suivant une voie
aussi clairement définie que possible.
C'est ce que prétend «le Yoga de l'énergie...
(qui) tient à la fois du hatha-yoga, du kundalini-yoga et
du râja-yoga» (Brochure faite par Roger : «Le
yoga de l'Energie» - Cariscript Paris). Parce qu'il a cette
richesse et cette ampleur, parce qu'il est vivant et évolutif,
comme tout réalité sur cette terre, il est une de
ces voies traditionnelles qui conduisent vers la Source.
Présentation Yves Mangeart, Directeur de
l'Ecole de Yoga d'Evian et de l'Académie du Yoga de l'Energie
Alpes-Savoie.
Yves Mangeart - Flon - 74500 FETERNES (France), Site
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